Les quatre voies du recueil
| Voie | Ce qu'elle est | Sa faiblesse propre |
|---|---|---|
| Saisie directe | Un opérateur lit un dossier et saisit dans un formulaire | Erreur de transcription, fatigue, interprétation implicite |
| Import structuré | Des champs existants sont repris depuis un système source | Le sens du champ source peut différer du sens attendu |
| Règle déterministe | Une valeur est calculée depuis d'autres (IMC, stade, délai) | La règle doit être versionnée, sinon elle change en silence |
| Extraction depuis du texte | Une valeur est tirée d'un compte rendu en langage naturel | Sans citation de la phrase source, invérifiable |
Une étude sérieuse mélange les quatre. Ce qui compte n'est pas d'en privilégier une, mais que chaque valeur sache par laquelle elle est arrivée — voir la provenance des données.
Rétrospectif et prospectif : deux problèmes différents
Recueil rétrospectif
Les données existent déjà, dans des dossiers rédigés pour soigner et non pour chercher. La contrainte est l'hétérogénéité : ce qui a été noté varie d'un praticien à l'autre et d'une année à l'autre, et l'absence d'une mention ne signifie pas l'absence du signe.
- L'absence est ambiguë par nature : « non noté » n'est pas « absent ».
- Les définitions ont pu changer pendant la période étudiée.
- On ne peut pas retourner interroger le patient : la donnée manquante l'est définitivement.
Recueil prospectif
Le protocole précède l'observation, ce qui permet de définir exactement ce qui sera mesuré et comment. La contrainte se déplace vers l'exhaustivité dans la durée : tenir un recueil complet sur dix-huit mois demande une discipline que la charge de soin met à l'épreuve.
Les erreurs de conception qui ne se rattrapent pas
- Le champ texte libre là où une liste s'imposait. Trois cents saisies libres de « stade » produisent quarante variantes qu'il faudra recoder à la main, avec le risque d'inventer une catégorie qui n'était pas dans l'esprit de l'auteur.
- L'unité implicite. Une colonne
creatsans unité déclarée est inutilisable dès qu'un service change de laboratoire. Voir UCUM. - La cellule vide polyvalente. Le même vide sert à « non recherché », « normal » et « information perdue ». Les trois se traitent différemment et deviennent indistinguables.
- La date absente de la mesure. Une valeur sans date ne se replace pas dans le suivi ; elle est perdue pour toute analyse longitudinale.
- Le critère de jugement défini après. C'est l'erreur qui invalide l'inférence plutôt que la donnée — et la seule que le verrouillage du protocole empêche mécaniquement.
Concevoir la fiche de recueil
La fiche de recueil — appelée *fiche d'exploitation* dans la tradition francophone, *case report form* ailleurs — est l'instrument de l'étude. Sa conception se juge sur trois critères.
- Elle ne demande que ce qui sert. Chaque variable doit pouvoir être rattachée à une question de l'analyse prévue. Une variable recueillie « au cas où » sera incomplète, et son incomplétude polluera les analyses où elle apparaît.
- Elle contraint plutôt qu'elle ne suggère. Types, listes fermées, bornes : la contrainte à la saisie coûte moins cher que la correction après.
- Elle est réutilisable. Reprendre les noms et définitions de CDASH quand ils existent rend le jeu lisible par d'autres et comparable à d'autres.
Pour la forme électronique de cette fiche et ce qui la distingue d'un formulaire ordinaire, voir le cahier d'observation électronique.
Comment AnzarSeha traite le sujet
- Les dossiers vivent dans un registre structuré et typé, et les études s'y appuient au lieu de repartir d'un fichier vide.
- Les valeurs arrivent des quatre voies, et chacune conserve la sienne, avec sa justification.
- Une valeur proposée par un modèle doit citer la phrase exacte du document source, sinon elle est écartée ; un humain la confirme avant qu'elle ne devienne définitive.
- Les raisons d'absence sont explicites et propres à chaque variable.
Questions fréquentes
Combien de variables faut-il recueillir ?
Le moins possible pour répondre à la question posée, plus celles qu'exige l'ajustement prévu. Une fiche de cent vingt variables sur une cohorte de soixante dossiers produit surtout du manquant : chaque variable ajoutée dilue l'effort de recueil sur celles qui comptent.
Peut-on ajouter une variable après le début du recueil ?
Techniquement oui, méthodologiquement cela demande de la prudence : les dossiers déjà traités devront être repris, sans quoi la variable sera renseignée pour une partie seulement de la cohorte, ce qui introduit un biais dépendant de l'ordre de saisie. L'ajout doit être daté et inscrit au journal.
Qui doit saisir les données ?
Quelqu'un qui sait lire le dossier — la saisie n'est pas une tâche mécanique, elle demande d'interpréter un compte rendu. En revanche, la relecture doit idéalement être faite par une autre personne que celle qui a saisi.